Guide indépendant de la prime de précaritéFrance · DOM-TOM
primedeprecarite.com
Indemnité de fin de contrat · CDD · Intérim
Accueil/Exclusions/Prime de précarité étudiant : vacances, week-end, intérim
Prime de précarité étudiant : quand un job d'été ou de week-end donne droit aux 10 %

Prime de précarité étudiant : l'exclusion liée aux vacances

L'article L1243-10 du Code du travail écarte l'indemnité de fin de contrat lorsque le CDD est conclu avec un jeune pour une période comprise dans ses vacances scolaires ou universitaires. L'idée retenue par le législateur est simple : l'étudiant qui reprend ses cours à la rentrée ne se trouve pas dans la situation de précarité que la prime vise à compenser. Le job d'été classique, signé de juillet à fin août, n'ouvre donc normalement pas droit aux 10 %.

Cette exclusion a été validée à deux niveaux. Le Conseil constitutionnel l'a jugée conforme dans ses décisions QPC du 13 juin 2014, et la Cour de justice de l'Union européenne a admis, dans un arrêt du 1er octobre 2015 (affaire C-432/14), qu'elle ne constituait pas une discrimination contraire au droit européen. Contester ce principe devant le conseil de prud'hommes a donc très peu de chances d'aboutir ; mieux vaut vérifier si le contrat entre réellement dans son champ.

L'usage de l'entreprise peut changer la donne

L'exclusion n'est pas une interdiction de payer. Service-Public précise que, pour un contrat étudiant pendant les vacances, la prime de précarité étudiant peut néanmoins être versée si les usages de l'entreprise le prévoient. Certaines enseignes ou certains établissements la paient à tous leurs saisonniers étudiants par habitude constante. Interroger des collègues des années précédentes ou le service paie permet de savoir si un tel usage existe localement.

Job étudiant prime de précarité : les contrats qui sortent des vacances

L'exclusion ne vise que les périodes de vacances. Un étudiant embauché en CDD pour travailler les samedis et dimanches pendant l'année universitaire n'est pas concerné par ce cas d'exclusion, sauf si un autre motif s'applique. Le job étudiant prime de précarité suit alors la règle générale : 10 % de la rémunération totale brute perçue pendant le contrat, versés avec le dernier salaire. Un CDD de week-end de six mois payé 3 000 € brut au total donne ainsi 300 € de prime.

Un contrat qui déborde la période de vacances change aussi de régime. D'après les analyses publiées par Legisocial, un CDD prolongé au-delà des vacances, même de quelques semaines, n'est plus regardé comme conclu pendant celles-ci et l'indemnité redevient due. Un étudiant recruté du 1er juillet au 15 octobre alors que ses cours reprennent en septembre a donc intérêt à vérifier son bulletin final, l'employeur pouvant appliquer à tort l'exclusion des vacances.

Le jeune diplômé n'est plus en vacances

Une circulaire ministérielle DRT 92-14 du 29 août 1992, citée par Legisocial, précise qu'un CDD conclu avec un jeune qui vient d'achever sa scolarité ou ses études et ne les poursuit pas n'est pas considéré comme conclu pendant les vacances. L'été qui suit l'obtention d'un master ou d'un BTS n'est donc pas une période de vacances universitaires pour celui qui entre dans la vie active : la prime est due.

Prime de précarité étudiant en intérim : la règle n'est pas la même

Le travail temporaire obéit à ses propres textes. L'article L1251-32 accorde à l'intérimaire une indemnité de fin de mission de 10 % de la rémunération totale brute, sans condition d'âge ni de statut. Les exclusions de l'IFM sont listées à l'article L1251-33 : missions saisonnières ou d'usage lorsqu'un accord du secteur le prévoit, missions de formation, rupture anticipée à l'initiative du salarié, faute grave ou force majeure. Les vacances scolaires ou universitaires n'y figurent pas.

Concrètement, l'étudiant qui passe son été en mission d'intérim perçoit en principe l'IFM à la fin de chaque mission, sauf si un autre cas d'exclusion s'applique. S'y ajoute l'indemnité compensatrice de congés payés de l'article L1251-19, au moins égale au dixième de la rémunération totale brute de la mission. Pour un étudiant qui hésite entre deux offres d'été, l'intérim peut donc se révéler plus rémunérateur qu'un CDD direct de même salaire.

Une agence qui oublie l'IFM

L'indemnité de fin de mission est versée par l'entreprise de travail temporaire avec le dernier salaire de la mission et doit figurer sur le bulletin correspondant. Une ligne absente, ou un intitulé qui mentionne seulement les congés payés, justifie une demande écrite à l'agence. Elle n'est pas due si l'entreprise utilisatrice embauche immédiatement l'étudiant en CDI, situation rare pour un emploi d'été.

Saisonnier, CDD d'usage, apprenti : d'autres exclusions possibles

La prime de précarité étudiant peut aussi disparaître pour un motif qui n'a rien à voir avec les vacances. Les emplois saisonniers, dont les tâches se répètent chaque année à des dates à peu près fixes, et les CDD d'usage des secteurs où il est d'usage constant de ne pas recourir au CDI sont exclus par l'article L1243-10, sauf dispositions conventionnelles plus favorables. Un contrat de vendanges ou de serveur extra pendant l'année peut donc ne pas ouvrir droit aux 10 %.

Les étudiants en alternance ne sont pas davantage concernés. Selon Service-Public, le contrat d'apprentissage et le contrat de professionnalisation ne donnent pas droit à la prime de précarité, sauf si la convention collective la prévoit. En revanche, un apprenti qui signe un CDD distinct pendant ses congés relève de l'analyse habituelle : vacances, saisonnier ou contrat ordinaire. L'article L1242-12 impose d'écrire le motif précis du CDD, ce qui permet de repérer l'exclusion applicable.

Lire le motif inscrit au contrat

Ce motif écrit prend plusieurs formes : remplacement d'un salarié absent, accroissement temporaire d'activité, emploi saisonnier, contrat d'usage. Un contrat présenté comme « saisonnier » pour un poste de vendeur occupé toute l'année, ou qualifié de « job vacances » alors qu'il court jusqu'en novembre, mérite un examen attentif. Le motif inexact peut cacher une exclusion appliquée à tort et donc une prime réclamable.

CDD étudiant vacances indemnité : ce qui reste dû au départ

Même lorsque la prime de précarité est exclue, le CDD étudiant vacances indemnité de congés payés reste due pour les jours acquis et non pris. Pour un contrat ordinaire, Weblex indique que l'indemnité compensatrice de congés payés représente au moins un dixième de la rémunération totale brute, prime de précarité comprise lorsqu'elle est versée. Un job d'été de deux mois payé 3 600 € brut ouvre ainsi environ 360 € de congés payés, versés avec le dernier salaire.

Le bulletin de sortie doit détailler chaque élément : salaire, heures supplémentaires, primes éventuelles et indemnité de congés payés. L'employeur remet un reçu pour solde de tout compte qui peut être dénoncé dans les six mois suivant sa signature. Pour un étudiant parti à l'étranger dès la fin de l'été, ce délai passe vite ; conserver une copie numérique du contrat et des bulletins avant de quitter le poste évite de devoir les réclamer plus tard.

Une prime soumise à cotisations

Lorsqu'elle est due, la prime de précarité est un complément de salaire : selon les Éditions Tissot, elle supporte les cotisations sociales comme le salaire de base et apparaît en brut sur le bulletin. Le montant net perçu par l'étudiant est donc inférieur aux 10 % bruts affichés. Elle entre aussi dans l'assiette des congés payés, ce qui augmente légèrement l'indemnité compensatrice versée en fin de contrat ordinaire.

Réclamer une prime de précarité étudiant oubliée

La première démarche consiste à écrire à l'employeur, de préférence par lettre recommandée avec accusé de réception, en rappelant les dates du contrat, la période de reprise des cours et le montant brut total perçu. Joindre un certificat de scolarité ou une attestation de fin d'études permet de démontrer que le contrat n'était pas compris dans les vacances, ou que les études étaient terminées. Une réponse écrite de l'employeur clarifie souvent le malentendu.

Faute d'accord, le conseil de prud'hommes peut être saisi. L'article L3245-1 fixe à trois ans le délai pour agir en paiement des salaires, et la prime, versée à titre de complément de salaire, s'y rattache selon la lecture courante de l'article L1243-8. Un étudiant qui découvre l'oubli en fin de licence peut donc encore réclamer une indemnité née d'un contrat de week-end signé deux ans plus tôt, à condition de conserver ses bulletins.

S'informer avant de signer le prochain contrat

Avant de signer un job d'été, vérifier les dates exactes de début et de fin au regard du calendrier universitaire évite les mauvaises surprises. Les structures d'information jeunesse, les syndicats étudiants ou interprofessionnels et les permanences juridiques locales peuvent relire un contrat et indiquer si l'exclusion des vacances s'applique. Comparer avec une offre en intérim pour le même poste permet aussi de mesurer l'écart de rémunération.

Savoir si votre contrat étudiant ouvre droit aux 10 %

  • Comparer les dates du CDD avec le calendrier officiel de vos vacances scolaires ou universitaires.
  • Vérifier si le contrat déborde sur la reprise des cours, même de quelques semaines.
  • Signaler par écrit à l'employeur si vos études sont terminées et non poursuivies.
  • Lire le motif de recours inscrit au contrat : saisonnier, usage, accroissement d'activité.
  • En intérim, contrôler la ligne d'indemnité de fin de mission sur chaque bulletin final.
  • Demander au service paie si un usage d'entreprise verse la prime aux étudiants.
  • Conserver contrats, bulletins et certificat de scolarité au moins trois ans.

Questions fréquentes

Un étudiant qui travaille tout l'été en CDD touche-t-il la prime de précarité ?

En principe non, lorsque le contrat est entièrement compris dans ses vacances scolaires ou universitaires : l'article L1243-10 exclut alors l'indemnité de fin de contrat. Deux exceptions comptent : un usage de l'entreprise qui la verse malgré tout, et un contrat prolongé au-delà de la rentrée. L'indemnité compensatrice de congés payés reste due dans tous les cas.

Mon CDD du samedi pendant l'année ouvre-t-il droit à la prime ?

Oui en principe : ce job étudiant prime de précarité comprise n'est pas conclu pendant les vacances. Le contrat de week-end suit la règle générale de 10 % de la rémunération totale brute, versés avec le dernier salaire, sauf autre exclusion comme un CDD d'usage dans un secteur qui le permet ou une rupture anticipée à votre initiative. Vérifiez le motif de recours inscrit au contrat.

La prime de précarité étudiant est-elle due en intérim pendant l'été ?

L'article L1251-33, qui liste les exclusions de l'indemnité de fin de mission, ne mentionne pas les vacances scolaires ou universitaires. L'étudiant intérimaire perçoit donc en principe l'IFM de 10 % à la fin de chaque mission, avec l'indemnité de congés payés d'au moins 10 %, sauf rupture à son initiative, faute grave, force majeure ou embauche immédiate en CDI.

Je viens d'obtenir mon diplôme : mon CDD d'été est-il exclu ?

Non, si vous ne poursuivez pas vos études. Selon la circulaire DRT 92-14 du 29 août 1992, un jeune qui vient d'achever sa scolarité n'est plus considéré comme travaillant pendant ses vacances. La prime de 10 % est alors due à l'issue du CDD. Conservez l'attestation de réussite ou de fin de cursus pour l'opposer à l'employeur si besoin.

Organismes et services utiles

01

CIDJ – information jeunesse

Centre d'information jeunesse qui renseigne les étudiants sur les jobs d'été, les contrats de travail courts et les droits à faire valoir en fin de contrat.
cidj.com
02

CGT – permanences juridiques

Syndicat interprofessionnel dont les permanences locales vérifient un contrat étudiant, l'exclusion des vacances et aident à réclamer une prime de précarité impayée.
cgt.fr