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Calcul prime de précarité fonction publique : plafond, assiette et versement

Étape 1 du calcul prime de précarité fonction publique : la durée totale

L'article L. 554-3 du code général de la fonction publique réserve l'indemnité aux contrats dont la durée, renouvellements compris, est inférieure ou égale à un an. Cette durée s'apprécie sur l'ensemble de l'engagement, même lorsque les contrats successifs reposent sur des fondements différents, par exemple un remplacement suivi d'un accroissement temporaire d'activité. Le premier geste consiste donc à additionner les dates de début et de fin de chaque acte.

Le centre de gestion de Loire-Atlantique illustre la règle avec deux cas. Un contrat de six mois renouvelé pour six mois atteint douze mois : la limite est respectée et l'indemnité reste possible. Un contrat de neuf mois prolongé de quatre mois totalise treize mois : la limite est franchie et aucune somme n'est due, quel que soit le niveau de rémunération de l'agent.

Un contrat exécuté jusqu'à son terme

L'indemnité n'est due que si le contrat va jusqu'à son terme. Une démission, un licenciement, un abandon de poste ou la perte d'une condition d'accès à l'emploi public, comme les droits civiques, supprime le droit. Le refus d'un simple renouvellement en CDD ne le supprime pas ; seul le refus d'un CDI pour un emploi identique ou similaire, à rémunération au moins équivalente, l'écarte.

Étape 2 : comparer la moyenne mensuelle au plafond de deux SMIC

Aucune indemnité n'est versée lorsque la rémunération brute globale dépasse deux fois le SMIC brut applicable au lieu d'affectation. Pour ce volet du calcul prime de précarité fonction publique, on additionne tous les montants bruts perçus chaque mois au titre du contrat, puis on divise par le nombre de mois. Le résultat est comparé au double du SMIC mensuel, proratisé pour un temps partiel ou un temps non complet.

Le SMIC brut mensuel a été porté à 1 823,03 € au 1er janvier 2026 par le décret n° 2025-1228, puis à 1 867,02 € au 1er juin 2026 après une revalorisation automatique. Le plafond à temps complet est ainsi passé de 3 646,06 € à 3 734,04 €. Lorsque le SMIC change en cours de contrat, demandez au gestionnaire la valeur qu'il a retenue.

Mayotte et le SMIC local

Le plafond se calcule avec le SMIC du lieu d'affectation. À Mayotte, le SMIC brut mensuel s'élève à 1 449,93 € depuis le 1er juin 2026, ce qui place le plafond à 2 899,86 € pour un temps complet. Un agent affecté dans ce département atteint donc la limite plus vite qu'un agent rémunéré au même niveau dans l'Hexagone ou à La Réunion.

Étape 3 : l'assiette du montant prime de précarité contractuel public

Une fois l'éligibilité acquise, le montant prime de précarité contractuel public correspond à 10 % de la rémunération brute globale perçue au titre du contrat et de ses éventuels renouvellements. Cette rémunération réunit le traitement de base indiciaire, l'indemnité de résidence, le supplément familial de traitement, le complément de traitement indiciaire et le régime indemnitaire attaché aux fonctions exercées.

Deux éléments en sont retirés : l'indemnité compensatrice de congés annuels non pris et les remboursements de frais professionnels, tels que les frais de déplacement. Le contrôle porte donc sur chaque ligne des bulletins. Un agent qui a reçu 900 € pour des congés non pris en fin de contrat ne doit pas voir cette somme majorer le montant prime de précarité contractuel public calculé.

Pourquoi le test du plafond et l'assiette se distinguent

Le plafond sert uniquement à savoir si le droit existe ; l'assiette sert à chiffrer la somme. Confondre les deux mène à deux erreurs symétriques : appliquer 10 % au seul traitement mensuel, ou renoncer à réclamer parce qu'un mois isolé a dépassé le plafond alors que la moyenne du contrat reste en dessous. La moyenne sur toute la durée tranche la question.

Exemples chiffrés de calcul prime de précarité fonction publique

Un agent recruté huit mois à temps complet pour un accroissement temporaire d'activité perçoit au total 21 600 € bruts, traitement, indemnité de résidence et régime indemnitaire compris. Sa moyenne mensuelle atteint 2 700 €, sous le plafond de 3 734,04 €. Le calcul prime de précarité fonction publique donne alors 2 160 € bruts, soit 10 % des 21 600 €.

Une agente à mi-temps sur un remplacement de six mois perçoit 1 950 € bruts par mois en moyenne. Son plafond proratisé n'est que de 1 867,02 €. Elle dépasse donc la limite et ne peut prétendre à aucune indemnité. Pour un contrat de dix mois ayant rapporté 15 000 € bruts sous le plafond, le CDG 59 indique une indemnité de 1 500 €.

Du brut au net sur le bulletin

L'indemnité est soumise aux cotisations sociales et à l'impôt sur le revenu. Le montant net versé reste donc inférieur au chiffre brut obtenu par le calcul. Elle est versée en une seule fois, au plus tard un mois après le terme du contrat. L'employeur ne peut pas en subordonner le paiement à une délibération ou à l'avis du comité social territorial.

Situations qui ramènent le montant à zéro

Plusieurs événements annulent le calcul indemnité de fin de contrat contractuel, même lorsque durée et plafond conviennent. C'est le cas de la nomination comme stagiaire ou élève après la réussite à un concours, et du renouvellement du contrat ou de la conclusion d'un nouveau CDD ou d'un CDI dans le même versant. Dans la territoriale, seul un nouveau contrat territorial fait perdre l'indemnité ; un contrat à l'État ou à l'hôpital ne l'exclut pas.

Les contrats saisonniers et les contrats de projet n'ouvrent pas droit à l'indemnité. Les recrutements de travailleurs handicapés au titre de l'article L. 352-4 du code général de la fonction publique en sont également exclus, tout comme les contrats de droit privé conclus par une administration, tels que l'apprentissage ou les emplois aidés. Ces contrats suivent leurs propres règles.

L'interruption d'un jour avant le contrat suivant

Selon le CDG 44, une interruption, même d'un seul jour, avant un nouveau contrat dans la territoriale préserve le droit à l'indemnité sur le contrat précédent. Cette lecture n'a pas la force d'un texte et peut être discutée par l'employeur ; elle justifie toutefois de vérifier les dates exactes de fin et de reprise avant d'abandonner une demande.

Faire corriger un calcul indemnité de fin de contrat contractuel

En l'absence de versement dans le mois suivant le terme, ou face à un montant contesté, l'agent adresse d'abord un recours gracieux à l'autorité qui l'employait. Ce recours est libre et gratuit. Il expose la durée du contrat, la moyenne mensuelle comparée au plafond, la liste des éléments retenus dans l'assiette et le montant attendu, avec les bulletins de salaire en annexe.

La décision de refus peut être contestée devant le tribunal administratif dans un délai de deux mois. Le recours gracieux interrompt ce délai, qui repart à zéro en cas de rejet, et le silence gardé pendant plus de deux mois vaut rejet. Des tribunaux administratifs tranchent régulièrement ces litiges, notamment à Nantes, Cergy-Pontoise et Orléans en 2025 et 2026.

Les pièces qui accélèrent la régularisation

Le dossier de contestation d'un calcul indemnité de fin de contrat contractuel gagne à contenir le contrat initial et ses renouvellements, chaque bulletin de paie, l'attestation de fin de contrat et le tableau de calcul de la moyenne mensuelle. Un syndicat de la fonction publique ou le centre de gestion du département peut relire ce tableau, identifier une ligne mal classée et aider à formuler le recours dans les délais.

Refaire le calcul pas à pas

  • Vérifier que le contrat a été conclu à compter du 1er janvier 2021 et qu'il est allé jusqu'à son terme.
  • Additionner la durée du contrat initial et de tous ses renouvellements, en restant à un an au plus.
  • Diviser la rémunération brute totale par le nombre de mois et comparer au double du SMIC proratisé.
  • Retirer de l'assiette les congés non pris indemnisés et les remboursements de frais.
  • Appliquer 10 % à la rémunération brute globale retenue, renouvellements compris, pour obtenir le montant prime de précarité contractuel public.
  • Contrôler le versement au plus tard un mois après la fin du contrat.
  • Former un recours gracieux écrit si la somme manque ou paraît sous-évaluée.

Questions fréquentes

Le plafond de deux SMIC s'applique-t-il mois par mois ou sur la moyenne ?

Le test porte sur la moyenne : la rémunération brute totale perçue au titre du contrat est divisée par le nombre de mois. Un mois exceptionnellement élevé, par exemple avec une prime ponctuelle, ne prive donc pas à lui seul de l'indemnité si la moyenne reste inférieure au double du SMIC, proratisé selon la quotité travaillée.

Le supplément familial de traitement augmente-t-il le montant de l'indemnité ?

Oui. Le supplément familial de traitement fait partie de la rémunération brute globale, avec le traitement indiciaire, l'indemnité de résidence, le complément de traitement indiciaire et le régime indemnitaire. Il entre donc dans l'assiette des 10 %, mais il compte aussi pour le test du plafond, ce qui peut faire basculer un dossier proche de la limite.

Un contrat signé en décembre 2020 et achevé en 2021 ouvre-t-il droit à l'indemnité ?

Non. Le décret n° 2020-1296 ne vise que les contrats conclus à compter du 1er janvier 2021. C'est la date de conclusion du contrat qui compte, et non celle de sa fin. Un renouvellement signé après cette date pose une question d'appréciation à soumettre au gestionnaire ou à un syndicat avant toute réclamation.

Le calcul est-il le même pour un praticien contractuel des hôpitaux ?

Non. Les praticiens contractuels relèvent du code de la santé publique et d'un arrêté du 5 février 2022, modifié en 2026, avec un seuil d'émoluments propre. Le plafond de deux SMIC et l'assiette du décret de 2020 ne s'appliquent pas à leur situation, qui suppose une vérification auprès de la direction des affaires médicales.

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