
Chèque énergie 2026 : qui peut le recevoir
Le chèque énergie, prévu à l'article L. 124-1 du code de l'énergie, est attribué selon le revenu fiscal de référence (RFR) du foyer fiscal auquel appartient le titulaire du contrat d'électricité du logement. Pour l'année 2026, le seuil retenu est un RFR inférieur à 11 000 € par unité de consommation (UC). Le revenu examiné est celui de l'avis d'impôt 2025, qui porte sur les revenus perçus en 2024.
Le nombre d'unités de consommation se calcule ainsi : 1 pour la première personne du foyer, 0,5 pour la deuxième, puis 0,3 pour chaque personne supplémentaire, ces valeurs étant divisées par deux pour un enfant en garde alternée. Un couple avec deux enfants compte donc 2,1 UC et reste éligible tant que son RFR annuel demeure inférieur à 23 100 €. Ce mode de calcul est à confirmer auprès d'Énergie-Info en cas de situation particulière.
Le rôle du numéro de compteur depuis la réforme
La loi de finances pour 2025, en son article 173, et le décret n° 2025-735 du 31 juillet 2025 ont changé le repérage des bénéficiaires. La taxe d'habitation ne permettant plus d'identifier les foyers, l'administration croise désormais les données fiscales de la DGFiP avec le numéro de point de livraison, ou PDL, à 14 chiffres, transmis par les gestionnaires de réseau et les fournisseurs d'électricité.
Barème : de 48 € à 277 € selon revenus et taille du foyer
Le montant du chèque énergie dépend de deux critères : le RFR par unité de consommation et la taille du foyer, répartie en trois colonnes, à savoir 1 UC, de 1 à moins de 2 UC, puis 2 UC ou plus. Sous 5 700 € de RFR par UC, le foyer touche 194 €, 240 € ou 277 €. Entre 5 700 € et moins de 6 800 €, il reçoit 146 €, 176 € ou 202 €.
De 6 800 € à moins de 7 850 € par UC, le versement tombe à 98 €, 113 € ou 126 €. Enfin, de 7 850 € à moins de 11 000 €, il s'établit à 48 €, 63 € ou 76 €. Une personne seule déclarant 7 000 € de RFR perçoit ainsi 98 €, tandis qu'une famille de 2,1 UC dont le RFR par UC reste sous 5 700 € obtient le maximum de 277 €.
Un effet mesurable sur les ménages aidés
Selon l'ONPE, 5,6 millions de ménages ont reçu un chèque en 2024 et environ 4,5 millions l'ont utilisé, soit un taux d'usage de 81,8 %. L'observatoire estime que le taux de précarité de 2023, mesuré à 10,1 % des ménages, aurait atteint 17,9 % sans bouclier tarifaire ni chèques, et que le seul chèque ordinaire le ramène à 8,6 %, ce qui confirme son poids réel.
Envoi automatique et demande de rattrapage
En 2026, environ 3,8 millions de foyers ont reçu leur chèque énergie 2026 entre le 1er et le 20 avril, puis 700 000 autres à partir du 1er mai, selon les chiffres relayés par la presse spécialisée. À Mayotte, à La Réunion, en Martinique, en Guyane et en Guadeloupe, les expéditions ont eu lieu du 1er au 3 avril 2026. Aucun barème propre à l'outre-mer n'a été identifié : le barème national paraît s'appliquer, point à vérifier auprès d'Énergie-Info.
Un foyer éligible qui n'a rien reçu peut déposer une demande en ligne sur chequeenergie.gouv.fr ou par courrier auprès de l'Agence de services et de paiement (ASP), du 1er avril au 31 décembre 2026 d'après les informations publiées, date à confirmer sur le portail officiel. Il faut fournir le numéro fiscal, l'avis d'impôt 2025, une attestation de contrat d'électricité de moins de trois mois mentionnant le PDL et une pièce d'identité.
Le cas particulier du millésime 2025
L'édition 2025 a été envoyée exceptionnellement en novembre 2025, et non au printemps comme d'habitude. Les foyers qui l'attendaient en vain devaient la réclamer au plus tard le 28 février 2026 : ce délai est aujourd'hui expiré. Un ménage qui découvre maintenant un oubli ne peut donc plus agir que sur l'édition 2026, dans le délai annoncé, en rassemblant rapidement les pièces demandées.
Utiliser son chèque énergie : factures, fioul, bois et charges
Le chèque énergie règle les factures d'électricité, de gaz naturel, de gaz en citerne, de fioul et de bois, mais aussi les charges de chauffage d'un locataire HLM et la redevance d'un logement-foyer conventionné APL. Depuis la réforme de 2025, il ne peut plus financer des travaux de rénovation énergétique : ceux-ci relèvent désormais de MaPrimeRénov', des primes CEE ou des aides des collectivités.
Le titre papier se remet en une seule fois ; si son montant dépasse la facture, le surplus est déduit des factures suivantes. L'e-chèque, activé depuis l'espace personnel, peut être fractionné entre plusieurs fournisseurs, par exemple entre l'électricité et une livraison de granulés. La pré-affectation permet enfin de faire déduire automatiquement les titres des années suivantes chez le même fournisseur, sans nouvelle démarche.
Jusqu'à quand le titre reste-t-il valable ?
Un titre émis avant le 1er septembre est valable jusqu'au 31 mars de l'année suivante : celui reçu au printemps 2026 peut donc être utilisé jusqu'au 31 mars 2027. Émis à partir du 1er septembre, il bénéficie d'une validité prolongée d'un an. Passé l'échéance, il ne peut plus servir : mieux vaut l'affecter dès réception, par exemple à la prochaine facture de régularisation.
Chèque énergie précarité : les droits face au fournisseur
Le bénéficiaire profite de protections spécifiques : mise en service gratuite de l'électricité ou du gaz, remise de 80 % sur le coût du déplacement d'un technicien venu couper pour impayé et aucun frais en cas de rejet de paiement. Ces droits courent jusqu'au 30 avril de l'année qui suit l'émission du titre, soit jusqu'au 30 avril 2027 pour l'édition distribuée au printemps 2026.
Entre le 1er novembre 2026 et le 31 mars 2027, période de trêve hivernale, aucune coupure d'électricité ou de gaz naturel pour impayé n'est permise dans une résidence principale. Les fournisseurs peuvent toutefois réduire la puissance électrique à 3 kVA ou 2 kVA selon le contrat ; cette réduction est exclue pour le titulaire qui a transmis son attestation au fournisseur. Cette formalité simple mérite d'être accomplie dès l'automne.
Hors trêve : la réduction de puissance avant coupure
En dehors de la trêve, depuis le 1er avril 2023, une coupure d'électricité pour impayé ne peut intervenir, pour certains ménages, qu'au terme d'au moins 60 jours de puissance réduite. En cas de désaccord sur une facture ou sur une procédure de recouvrement, le Médiateur national de l'énergie peut être saisi pour rechercher une solution amiable avec le fournisseur concerné.
Quand l'aide ne suffit pas : FSL, CCAS et assistance
Avec une facture moyenne d'énergie du logement de 1 851 € par ménage en 2023 selon l'ONPE, le chèque énergie ne couvre souvent qu'une fraction de la dépense annuelle. Le fonds de solidarité pour le logement du département prend alors le relais pour les impayés d'électricité, de gaz ou d'eau, sous forme de subvention ou de prêt ; en 2024, l'aide moyenne versée s'élevait à 410 €.
La demande au FSL peut être déposée par le ménage, un travailleur social ou un bailleur HLM avec l'accord du foyer, et une situation urgente, comme une coupure annoncée, doit être signalée comme telle. Le centre communal d'action sociale (CCAS) peut aussi accorder un secours ponctuel pour une facture. Les conditions et les montants varient fortement d'un département et d'une commune à l'autre.
Les numéros utiles pour être accompagné
Pour une question d'éligibilité ou une demande bloquée, une assistance est annoncée au 0 805 204 805, ainsi que dans les espaces France services, où un agent aide à constituer le dossier en ligne. Le service Énergie-Info du Médiateur national de l'énergie répond par ailleurs au 0 800 112 212 sur les droits liés au paiement des factures et aux coupures.
Les bons réflexes avec votre titre
- Retrouver l'avis d'impôt 2025 et calculer le RFR par unité de consommation.
- Vérifier que le contrat d'électricité est au nom d'un membre du foyer fiscal.
- Réclamer le titre 2026 en ligne ou à l'ASP s'il n'est pas arrivé.
- Activer l'e-chèque pour répartir le montant entre plusieurs fournisseurs.
- Transmettre l'attestation au fournisseur d'électricité avant le 1er novembre.
- Utiliser le chèque énergie 2026 avant le 31 mars 2027.
- Solliciter le FSL dès le premier impayé, sans attendre la coupure.
Questions fréquentes
Faut-il faire une démarche pour recevoir le chèque énergie ?
En principe non : le titre est envoyé automatiquement aux foyers repérés par croisement des données fiscales et du numéro de point de livraison. Il faut néanmoins avoir déclaré ses revenus pour disposer d'un RFR. Si rien n'arrive alors que le foyer remplit la condition de revenus, une demande de rattrapage reste possible pour l'édition 2026, dans le délai annoncé.
Un locataire HLM chauffé collectivement peut-il l'utiliser ?
Oui. Le titre peut payer les charges de chauffage facturées par le bailleur social, ce qui intéresse les locataires dont la chaleur provient d'une chaufferie collective. Il peut aussi régler la redevance d'un logement-foyer conventionné APL. Le titulaire le remet au bailleur ou au gestionnaire, qui le déduit des sommes dues au titre du chauffage.
Peut-on encore payer des travaux avec ce titre ?
Non. La réforme issue de la loi de finances pour 2025 a supprimé la possibilité d'utiliser le chèque énergie pour financer des travaux de rénovation énergétique. Pour isoler ou remplacer un chauffage, il faut se tourner vers MaPrimeRénov', les primes des certificats d'économies d'énergie ou les aides locales, qui suivent leurs propres plafonds de revenus.
Que faire si le montant reçu semble erroné ?
Le montant découle mécaniquement du RFR inscrit sur l'avis d'impôt 2025 et du nombre d'unités de consommation. Si la composition du foyer ou les revenus ont changé depuis, l'édition 2026 ne le reflète pas. En cas de doute, l'assistance téléphonique ou un espace France services permet de vérifier les données utilisées et, le cas échéant, de signaler une erreur.