Guide indépendant de la prime de précaritéFrance · DOM-TOM
primedeprecarite.com
Indemnité de fin de contrat · CDD · Intérim
Accueil/Calcul et base prime de précarité : taux, assiette, paiement
Calcul et base prime de précarité : du salaire brut au montant final versé

Calcul et base prime de précarité : vérifier d'abord que le droit existe

Avant toute opération, il faut savoir si l'indemnité de fin de contrat de l'article L1243-8 du Code du travail est due. Elle l'est lorsque, au terme d'un CDD, la relation de travail ne se poursuit pas en CDI. Une poursuite immédiate en CDI la fait disparaître, alors qu'une interruption, même d'une journée, la rend exigible selon une analyse publiée par les Éditions Tissot. Le calcul et base prime de précarité ne se discute donc qu'après ce premier tri.

L'article L1243-10 écarte ensuite plusieurs situations, sauf convention plus favorable : emplois saisonniers et CDD d'usage, contrats liés à la politique de l'emploi ou à la formation, job d'un jeune pendant ses vacances scolaires ou universitaires, refus d'un CDI pour un emploi similaire à rémunération au moins équivalente, rupture anticipée à l'initiative du salarié, faute grave ou force majeure. Apprentissage, contrat de professionnalisation et contrats aidés CUI-PEC ou CAE n'ouvrent pas non plus droit à la prime.

Le cas d'exclusion ajouté au 1er janvier 2026

La loi n° 2025-989 du 24 octobre 2025 a complété l'article L1242-3 : depuis le 1er janvier 2026, un CDD conclu pendant une période de reconversion d'au moins six mois, au sens de l'article L6324-1, figure parmi les contrats liés à la formation. Il tombe par conséquent sous les exclusions de l'article L1243-10. Le salarié qui achève un tel contrat ne peut pas compter sur dix pour cent de son brut, sauf stipulation conventionnelle plus favorable.

Base de calcul prime de précarité : le brut total de tout le contrat

La base de calcul prime de précarité correspond à la rémunération totale brute versée au salarié pendant toute la durée du contrat, renouvellement inclus. Il ne s'agit ni du dernier salaire mensuel ni d'une moyenne : chaque somme brute payée au titre du CDD s'additionne, du premier au dernier jour. Les montants sont pris avant cotisations salariales et prélèvement à la source, tandis que les cotisations patronales, qui ne constituent pas du salaire, n'y figurent jamais.

Selon les Éditions Tissot, entrent dans ce total le salaire de base, les heures supplémentaires, les primes et les avantages en nature. Weblex en exclut les remboursements de frais professionnels, l'intéressement et la participation, ainsi que l'indemnité compensatrice de congés payés versée au départ. Pendant un arrêt maladie ou un congé maternité, seuls comptent les compléments de salaire payés par l'employeur, les indemnités journalières de la Sécurité sociale restant en dehors du total.

Temps partiel et accident du travail : deux cas à part

Pour un salarié à temps partiel, la règle ne change pas : le pourcentage s'applique au brut effectivement versé, sans proratisation supplémentaire du taux. En cas d'accident du travail ou de maladie professionnelle, une source spécialisée mise à jour en 2019 indique que le salaire est reconstitué comme si le salarié avait travaillé jusqu'au terme ; faute d'arrêt récent publié sur ce point, ce traitement reste à confirmer auprès du service paie ou d'un conseil.

Rémunération et taux prime de précarité : 10 %, 6 % ou davantage

Le taux légal appliqué à la base de calcul prime de précarité est de 10 %. Il s'agit d'un minimum : une convention ou un accord collectif peut prévoir un pourcentage supérieur, ce que service-public.gouv.fr confirme encore à l'automne 2026, aucune réforme de ce taux n'ayant été relevée. Le salarié dont la branche ou l'entreprise accorde davantage a donc intérêt à lire sa convention avant d'accepter un solde calculé au seul minimum légal.

À l'inverse, l'article L1243-9 permet à une convention ou un accord de branche étendu, ou à un accord d'entreprise ou d'établissement, de limiter l'indemnité à 6 %. Cette baisse n'est valable que si des contreparties sont offertes aux salariés en CDD, notamment un accès privilégié à la formation professionnelle. Sans accord applicable ni contrepartie réelle, c'est le taux de 10 % qui s'impose à l'employeur, quelle que soit la mention portée au contrat.

Des taux propres à certains territoires d'outre-mer

En Guadeloupe, Martinique, Guyane, à La Réunion, Mayotte, Saint-Barthélemy, Saint-Martin et Saint-Pierre-et-Miquelon, le Code du travail national s'applique avec ses 10 %. La Polynésie française retient au moins 6 % des rémunérations brutes, indemnité de congés payés comprise, et 8 % dans le gardiennage et le nettoyage. La Nouvelle-Calédonie fixe 5 % du total des rémunérations brutes, un accord collectif pouvant prévoir davantage.

Ordre des opérations : la prime d'abord, les congés payés ensuite

Dans le calcul et base prime de précarité, la prime n'intègre pas l'indemnité de congés : elle se calcule sur les seuls salaires bruts du contrat. L'indemnité compensatrice de congés payés vient ensuite et, selon Weblex, sa propre base inclut la prime de précarité, puisqu'elle correspond au moins au dixième de la rémunération totale brute, prime comprise. Inverser cet ordre conduit à deux montants erronés sur le même bulletin.

Exemple tiré de la règle légale : un CDD qui a généré 1 500 euros de rémunération brute totale ouvre droit à 150 euros de prime au taux de 10 %. La base des congés payés devient alors 1 650 euros, soit au moins 165 euros d'indemnité compensatrice selon la règle du dixième. Les deux lignes apparaissent séparément sur le dernier bulletin et s'ajoutent au salaire du dernier mois travaillé.

Renouvellements et contrats successifs

En cas de renouvellement, la prime n'est due qu'à l'issue de la dernière période et se calcule sur la durée totale, contrat initial compris. Des CDD successifs légalement conclus donnent lieu, eux, à une prime à la fin de chacun. Lorsque plusieurs CDD précèdent un CDI signé sans interruption, la prime reste due pour chaque contrat sauf le dernier, d'après l'analyse des Éditions Tissot sur la poursuite en CDI.

Intérim et rupture anticipée : adapter la base de calcul prime de précarité

En intérim, l'indemnité de fin de mission prévue par l'article L1251-32 est égale à 10 % de la rémunération totale brute due au salarié, renouvellements de la mission inclus. L'entreprise de travail temporaire la verse à l'issue de chaque mission effectivement accomplie, avec le dernier salaire. Elle n'est pas due si l'intérimaire est embauché immédiatement en CDI par l'entreprise utilisatrice, ni pour les missions de formation visées à l'article L1251-57.

Lorsque l'employeur rompt le CDD avant son terme hors faute grave, force majeure ou inaptitude constatée par le médecin du travail, l'article L1243-4 lui impose des dommages et intérêts au moins égaux aux salaires restant à courir, sans préjudice de la prime de précarité. Les textes ne précisent pas si celle-ci se calcule alors sur le brut perçu ou jusqu'au terme prévu : ce point se tranche avec un avocat ou un syndicat.

Requalification en CDI : une prime perçue reste acquise

La Cour de cassation a jugé le 24 septembre 2025 (n° 24-15.812) que la prime de précarité déjà perçue reste acquise au salarié lorsque le CDD est ensuite requalifié en CDI. En revanche, selon un arrêt du 25 novembre 2020 (n° 19-20.949) cité par Weblex, une prime qui n'avait pas été versée n'est plus due après requalification. Le choix entre réclamer la prime et demander la requalification mérite donc d'être pesé.

Versement, contrôle du bulletin et délais pour réclamer un écart

La prime est versée à l'issue du contrat en même temps que le dernier salaire et doit figurer sur le bulletin correspondant ; la loi ne prévoit pas de paiement mensuel anticipé. Elle est soumise aux cotisations sociales et imposable, d'après les Éditions Tissot. Pour contrôler le calcul et base prime de précarité, il suffit d'additionner les bruts de tous les bulletins du contrat, d'écarter les remboursements de frais et de comparer le pourcentage obtenu à la ligne payée.

Le reçu pour solde de tout compte inventorie les sommes payées à la rupture (article L1234-20). Il peut être dénoncé dans les six mois suivant sa signature ; au-delà, il libère l'employeur pour les seules sommes qui y sont mentionnées. La prime étant versée à titre de complément de salaire, l'action en paiement relève de la prescription de trois ans de l'article L3245-1, qui court à partir de la connaissance des faits.

Réclamer un complément de prime

En cas d'oubli ou d'erreur de pourcentage, la première étape est une demande écrite à l'employeur, de préférence par lettre recommandée avec accusé de réception, accompagnée du relevé des bruts mois par mois et du calcul détaillé. Si l'employeur maintient son calcul de base, le conseil de prud'hommes peut être saisi. Une demande fondée sur une convention plus favorable gagne à citer l'article précis du texte conventionnel invoqué et son numéro IDCC.

Six vérifications avant d'accepter le montant

  • Confirmer que la fin du CDD n'entre dans aucun cas d'exclusion de l'article L1243-10.
  • Rassembler tous les bulletins du contrat initial et de ses renouvellements.
  • Additionner les bruts en écartant frais professionnels, intéressement, participation et indemnités journalières.
  • Lire la convention collective pour repérer un taux supérieur à 10 % ou un accord à 6 % avec contreparties de formation.
  • Calculer la prime avant l'indemnité compensatrice de congés payés, puis vérifier cette dernière.
  • Dénoncer le solde de tout compte dans les six mois si la base de calcul est incomplète.

Questions fréquentes

La prime se calcule-t-elle sur le net ou sur le brut ?

Sur le brut. L'article L1243-8 vise la rémunération totale brute versée pendant le contrat. Le net payé après cotisations salariales et prélèvement à la source ne joue aucun rôle dans le calcul, et les cotisations patronales ne s'ajoutent pas non plus. La prime obtenue est elle-même un élément brut, soumis à cotisations et imposable, inscrit sur le dernier bulletin.

Un employeur peut-il appliquer 6 % sans accord collectif ?

Non. Le taux réduit de 6 % suppose une convention ou un accord de branche étendu, ou un accord d'entreprise ou d'établissement, qui prévoit des contreparties pour les salariés en CDD, notamment un accès privilégié à la formation. Une simple clause du contrat de travail ne suffit pas : à défaut d'accord applicable, le minimum légal de 10 % reste dû.

Quelle base de calcul prime de précarité retenir pendant un arrêt maladie ?

Selon les Éditions Tissot, seules les sommes versées par l'employeur comptent, y compris les compléments de salaire payés pendant l'arrêt. Les indemnités journalières de la Sécurité sociale restent hors assiette. À l'inverse, la Cour de cassation a jugé le 5 janvier 2023 que la prime de précarité entre dans le salaire de référence servant au calcul des indemnités journalières.

Combien de temps pour réclamer une prime mal calculée ?

L'action en paiement des salaires se prescrit par trois ans à compter du jour où le salarié a connu ou aurait dû connaître les faits (article L3245-1), et la prime est versée à titre de complément de salaire. Si un solde de tout compte a été signé, mieux vaut le dénoncer dans les six mois pour les sommes qui y figurent.

Organismes et services utiles

01

PayFit – fiche prime de précarité

Fiche du logiciel de paie PayFit qui détaille les conditions de versement de la prime, l'assiette retenue et sa place sur le dernier bulletin de salaire.
payfit.com
03

CGT – permanences juridiques

Syndicat interprofessionnel dont les permanences locales aident à vérifier un solde de tout compte, contrôler le montant de la prime et préparer une réclamation.
cgt.fr

Les guides de cette rubrique